Les beaux jours approchent, et avec eux, la nouvelle saison de la macro !
Pour être au top dès que l’occasion se présente, vous devez réactiver vos réflexes et consolider vos techniques.
Pour cela, je lance une série d’articles de “remise en forme” photographique (promis, c’est pas de la muscu, mais un condensé de conseils).
Le but ?
Que vous ne reviviez pas la frustration d’avoir loupé une photo car vous n’étiez pas suffisamment stable ou rapide pour avoir cette coccinelle nette.
Et ça commence maintenant par une série de défi pour gagner en réactivité et précision dans vos réglages.
S’entraîner à la mise au point manuelle
En macrophotographie, maîtriser la mise au point manuelle est une compétence incontournable. C’est elle qui vous permet de réussir vos photos dans des environnements chargés ou mal éclairés. Mais entre la profondeur de champ réduite et le sujet parfois capricieux, vous allez devoir vous entraîner un peu pour devenir plus rapide et précis que votre autofocus. Voici deux exercices simples pour progresser.
Gagner en précision
La précision, c’est ce qui fait la différence entre une photo nette et un cliché flou. Plus vous ouvrez le diaphragme (par exemple, à f/2.8), plus la profondeur de champ se réduit, ce qui rend l’exercice délicat.
Exercice pratique :
- Prenez un objet assez fin ou avec de petits détails (une vis ou la mine d’un crayon par exemple).
- Commencez par faire la mise au point avec une ouverture modérée (f/8).
- Répétez en réduisant progressivement la profondeur de champ (f/5.6, f/4, f/2.8). Vous pouvez aussi vous entraîner en changeant la distance entre le sujet et vous afin de vous rendre compte de la différence de profondeur de champs.
- Essayez de viser des zones toujours plus petites, comme une lettre gravée ou un détail précis.
- Une fois que vous commencez à être à l’aise, vous pouvez intégrer un avant-plan pour complexifier l’exercice.
Conseil
Utilisez une loupe sur l’écran ou le focus peaking si votre appareil en est équipé. Cela vous aidera à repérer les zones parfaitement nettes.
Gagner en rapidité
Bien que la mise au point manuelle peut sembler plus lente que votre autofocus au début, avec un peu d’entraînement vous serez plus rapide que lui. Un avantage non négligeable pour les photos d’insectes !
Exercice pratique :
- Disposez plusieurs objets à différentes distances (par exemple, 20 cm, 50 cm et 1 m).
- Entraînez-vous à faire la mise au point rapidement en passant de l’un à l’autre.
- Pour corser l’exercice, essayez de découvrir vos cibles à la dernière seconde (demandez à quelqu’un de déplacer vos sujets alors que vous avez les yeux fermés).
- Une fois que vous commencez à être à l’aise, vous pouvez intégrer un avant-plan pour complexifier l’exercice.
Conseil
Travaillez dans des conditions variées, comme avec une lumière tamisée, pour vous habituer à toutes les situations.
Ces exercices vous permettront de renforcer vos bases en mise au point manuelle.
S’entraîner à être stable en toutes circonstances
En macrophotographie, la stabilité est votre meilleure alliée. Une photo floue à cause d’un tremblement, et tous vos efforts sont perdus. Apprendre à être stable, même dans des positions inconfortables, est donc une compétence clé. Voici quelques exercices pour vous entraîner, peu importe la situation.
Et continuez à utiliser la mise au point manuelle !
1. Debout : le test des bases solides
L’air de rien, tenir son appareil bien droit sans bouger est un véritable défi, surtout sur de longues périodes.
Exercice pratique :
- Restez debout, les jambes légèrement écartées pour un bon appui.
- Faites des prises de vue en tenant l’appareil à la hauteur des yeux, puis essayez de cadrer plus bas sans vous pencher.
- Travaillez votre respiration : expirez lentement avant de déclencher pour limiter les mouvements parasites.
2. Penché
Souvent, votre sujet ne sera pas à portée de main. Vous devrez vous pencher, parfois de manière inconfortable, pour photographier un insecte au milieu d’un buisson.
Exercice pratique :
- Placez un objet sur une table, à l’opposée de vous.
- Entraînez-vous à cadrer en vous penchant au-dessus de la table sans la toucher.
Conseil
Pour des positions extrêmes, envisagez un monopode ou un trépied compact pour vous soulager.
3. Pieds décalés ou sur surface instable
Tous les terrains ne sont pas plats, et vous devrez souvent composer avec des sols irréguliers ou glissants.
Exercice pratique :
- Simulez une pente en plaçant un pied plus haut que l’autre (sur une marche ou un objet).
- Essayez de garder votre appareil stable tout en ajustant votre mise au point.
- Reproduisez l’exercice sur une surface meuble, comme un coussin ou une serviette pliée.
4. Accroupi : descendez au niveau du sujet
Pour capturer des perspectives inédites, vous devrez parfois vous rapprocher du sol en vous accroupissant.
Exercice pratique :
- Installez un objet au sol et faites des prises de vue accroupi.
- Variez les positions : une jambe repliée, les deux pieds à plat, ou en appui sur un genou.
- Concentrez-vous sur votre respiration pour éviter les micro-mouvements.
5. À bout de bras : testez vos limites
Certains angles nécessitent de tendre les bras, parfois au-dessus de votre tête ou dans des positions excentrées.
Exercice pratique :
- Prenez votre appareil et cadrez un objet en le tenant à bout de bras. (Si votre appareil est lourd, ça remplacera votre séance de sport du jour !)
- Faites la mise au point et déclenchez tout en gardant vos bras aussi stables que possible.
- Variez l’angle effectué par vos bras pour parer à toutes les éventualités
Conseil
En cas de difficulté, utilisez un écran orientable pour limiter les efforts.
6. À une main : quand l’autre est occupée
Dans certaines situations, vous devrez tenir un réflecteur, un modeleur ou même simplement écarter une feuille gênante de votre cadre. Cela implique de prendre des photos à une main et peut-être de faire la mise au point de cette manière. Le tout sans perdre en stabilité.
Exercice pratique :
- Prenez votre appareil dans une main et placez un petit accessoire dans l’autre (comme un réflecteur). Vous pouvez commencer par utiliser un objectif plus léger que celui habituel lors de vos sorties macro.
- Faites des essais pour maintenir votre appareil stable tout en ajustant la lumière avec l’accessoire.
- Essayez différentes positions, comme bras tendu ou accroupi, pour simuler des conditions réelles.
Conseil
Vous pouvez essayer la technique autofocus+décalage avant/arrière expliquée dans mon article sur la mise au point manuelle.
Avec ces exercices, vous développerez une stabilité à toute épreuve, même dans des situations où vous devez jongler entre plusieurs tâches. Vous serez prêt à capturer des photos nettes dans n’importe quelle position.
Vous allez donc pouvoir passer au stade supérieur…
S’entraîner au focus stacking
Le focus stacking, c’est un peu comme assembler les pièces d’un puzzle pour obtenir une image parfaitement nette de bout en bout. Cette technique, réputée pour être la plus dure en macrophotographie, demande de la patience et de la précision. Mais rassurez-vous, avec un peu de pratique, vous pourrez obtenir rapidement de premiers résultats concluants. Voici comment vous entraîner efficacement.
1. Commencer sur trépied : la méthode sécurisée
Si vous débutez en focus stacking, le trépied est votre meilleur allié. Il vous permet de travailler avec une stabilité parfaite et de vous concentrer uniquement sur la prise des différentes images.
Exercice pratique :
- Installez un sujet immobile (une petite fleur séchée ou un objet miniature) sur une surface stable.
- Prenez une série d’images en réglant manuellement la mise au point entre chaque prise, en progressant lentement du premier plan à l’arrière-plan.
- Comparez les résultats pour vérifier que toutes les zones de l’image sont bien couvertes.
Conseil
Utilisez un logiciel comme Helicon Focus ouAffinity Photopour assembler vos images et analyser les zones mal couvertes.
Exercice pratique 2:
- Installez un sujet immobile (une petite fleur séchée ou un objet miniature) sur une surface stable.
- Activez le bracketing de focus et déclenchez.
- Comparez les résultats pour vérifier que toutes les zones de l’image sont bien couvertes.
- Vous pouvez essayer de changer le nombre de photos ainsi que l’espacement entre chaque pour vous faire une idée de la profondeur de champs que vous pouvez obtenir.
2. À main levée : jouer à 1, 2, 3, Soleil
Une fois à l’aise sur trépied, il est temps de passer à l’étape supérieure : le focus stacking à main levée. Si vous avez fait l’impasse sur les exercices de stabilité, c’est le moment d’y retourner : le moindre mouvement rendra l’empilement impossible.
Exercice pratique :
- Reprenez le même sujet que précédemment, mais cette fois sans trépied.
- Prenez une série de photo en changeant légèrement la mise au point entre chaque (manuellement bien sûr)
- Testez également le bracketing de focus à main levée si votre appareil le permet.
Conseil
Appuyez vous contre une surface stable (mur, table) pour minimiser les tremblements.
3. En rafales : tout en fluidité
C’est certainement ma technique préférée en extérieur.
Exercice pratique :
- Reprenez le même sujet que précédemment, mais cette fois sans trépied.
- En mode rafale, déplacez doucement votre appareil vers l’avant ou l’arrière pour capturer différentes zones de netteté.
- Assemblez ensuite les images pour voir si vous avez réussi à tout couvrir sans trous.
Conseil
Variez le nombre d’image de votre rafale ainsi que la vitesse de déplacement pour obtenir le meilleur combo : un déplacement fluide qui permet de couvrir toute la zone souhaitée avec le moins d’images possible.
Grâce à ces exercices, vous pourrez réaliser vos premiers essais de focus stacking sur le terrain en partant avec de bonnes bases. Commencez par des scénarios contrôlés sur trépied, puis passez à des conditions plus dynamiques à main levée.
S’entraîner à l’utilisation de la lumière artificielle
La lumière artificielle est un outil pour booster votre créativité et qui peut devenir indispensable en fonction des conditions de prises de vue. Mais pour en tirer le meilleur parti, il faut d’abord avoir un peu expérimenté les différentes puissances d’éclairage ainsi que les positionnements.
1. Une seule source
Avec une seule lampe ou un flash, vous pouvez déjà transformer l’ambiance d’une photo. L’important, c’est de comprendre comment l’angle de la lumière affecte le rendu de votre sujet.
Exercice pratique :
- Reprenez le sujet des exercices précédant.
- Variez l’angle de votre source lumineuse :
- Sur boîtier : Fixez un flash sur votre appareil et testez les résultats.
- 90° : Placez la lumière sur le côté pour révéler les textures.
- Dessus : Une lumière verticale crée un effet uniforme, parfait pour des sujets plats.
- Derrière : Testez le contre-jour pour des effets plus dramatiques.
- 45° : Combinez ombres et lumière pour un rendu équilibré.
- Changez aussi l’inclinaison de la lumière pour voir comment cela impacte les ombres.
Conseil
Essayez de décrire une sphère autour de votre sujet pour tester tous les éclairages possibles et ainsi découvrir ceux qui offrent le meilleur rendu.
2. Deux sources
Avec deux sources lumineuses, les possibilités s’élargissent. Vous pouvez équilibrer les ombres ou créer des effets plus complexes.
Exercice pratique :
- Placez une lumière principale pour éclairer votre sujet.
- Ajoutez une deuxième source pour remplir les ombres, créer un effet de contre-jour ou ajouter une teinte différente (avec une gélatine colorée, par exemple).
- Jouez avec l’intensité et les angles pour trouver le bon équilibre.
Conseil
Vous pouvez aussi vous exercer avec une source assez intense pour imiter le soleil et utiliser la seconde pour déboucher les ombres. Attention à ne pas créer un deuxième soleil avec !
3. Pour aller plus loin
En utilisant des modeleurs, vous aurez encore plus de contrôle sur votre éclairage. Ces accessoires vous permettent de diriger, adoucir ou colorer la lumière à volonté.
Exercice pratique :
- Testez un réflecteur (même fait maison avec du papier aluminium ou une feuille blanche) pour renvoyer la lumière et remplir les ombres.
- Ajoutez des gélatines pour jouer avec les couleurs et créer des ambiances uniques.
- Essayez des diffuseurs (papier calque ou tupperware transparent) pour adoucir une lumière trop dure.
Conseil
Les modeleurs maison sont parfaits pour débuter. Une feuille, un tissu ou un objet transparent peuvent faire des merveilles !
Que ce soit pour des effets subtils ou des mises en scène spectaculaires, la lumière artificielle deviendra vite un outil incontournable dans votre arsenal de photographe macro.
Comprendre et gérer les reflets
Les reflets peuvent être vos pires ennemis en macrophotographie… ou vos meilleurs alliés, selon la façon dont vous les maîtrisez. Chaque type de surface reflète la lumière différemment, et apprendre à les gérer vous permettra de garder le contrôle sur vos images, quel que soit le sujet.
1. Les surfaces mates
Les surfaces mates sont idéales pour débuter. Elles absorbent la lumière, ce qui limite les reflets parasites. Mais attention, un éclairage mal orienté peut rendre ces textures ternes et sans vie.
Exercice pratique :
- Photographiez des objets comme des feuilles, du bois brut ou des tissus.
- Variez l’angle de la lumière pour voir comment les ombres soulignent les textures.
- Essayez d’utiliser un réflecteur pour adoucir les ombres sans créer de reflets.
Conseil
Une lumière diffuse, comme celle d’un diffuseur ou d’une boîte à lumière, fonctionne très bien pour les surfaces mates.
2. Les surfaces métalliques
Avec les surfaces métalliques, la lumière devient une actrice principale. Ces matériaux réfléchissent tout ce qui les entoure, y compris votre appareil (et parfois même vous !).
Exercice pratique :
- Prenez un objet métallique (monnaie, bijou, fourchette) et observez comment il réagit à différentes sources lumineuses.
- Testez plusieurs angles pour minimiser ou exploiter les reflets.
- Expérimentez avec un fond sombre pour faire ressortir les reflets et ajouter du contraste.
Conseil
Pour éviter de voir votre propre reflet, éloignez la source de lumière et utilisez un diffuseur.
3. Les surfaces brillantes
Les surfaces brillantes, comme le verre ou l’eau, sont particulièrement capricieuses. Elles réfléchissent à la fois la lumière et les couleurs environnantes, ce qui peut vite rendre votre image confuse ou surchargée.
Exercice pratique :
- Remplissez un verre d’eau ou utilisez une petite flaque comme sujet.
- Essayez de diriger la lumière pour éviter les reflets directs ou au contraire, les intégrer harmonieusement.
- Jouez avec des arrière-plans colorés pour voir comment ils se reflètent dans la surface.
Conseil
Placez votre sujet loin d’une fenêtre ou fermez les volets pour mieux contrôler les reflets si vous utilisez de la lumière artificielle.
Conclusion : relevez ces défis et voyez vos progrès
Chaque exercice de cette liste est une invitation à sortir de votre zone de confort et à affiner vos compétences en macrophotographie. Que ce soit la précision de votre mise au point, la stabilité de vos prises de vue, la maîtrise du focus stacking, l’art de l’éclairage ou la gestion des reflets, chacun de ces défis vous prépare pour être au top pour le printemps.
Prenez votre appareil, installez votre petit studio maison et relevez ces défis un par un. Vous serez étonné de vos progrès en quelques semaines seulement. Et surtout, amusez-vous.
Alors, lequel de ces défis allez-vous relever en premier ?
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