Sujet polémique aujourd’hui.

Faut-il utilise un trépied en macrophotographie ?

La question divise encore plus la communauté de macrophotographes que le choix de la marque de son appareil photo.

Si vous débutez, vous devez être perdu entre ses deux types de pratique comme je l’ai été au début.

J’ai finalement acheté un trépied qui me convient parfaitement mais, je ne fais pas 100 % de mes photos avec car oui, c’est encombrant, lourd et plus lent qu’à main levée.

Voici pourquoi j’utilise mon trépied en macrophotographie.

Raison 1 : gagner en stabilité

Oui, un trépied ça sert à être stable, je ne vous apprends rien.

Mais en macro, c’est encore plus important au vu de la faible profondeur de champ.

De plus, combien de fois vous êtes vous retrouvé dans une position aussi instable qu’invraisemblable et franchement désagréable ?

Moi souvent, pour avoir le cadrage que j’imaginais.

Et c’est là qu’un bon trépied change la vie : il joue à l’équilibriste pour vous.

Je vous mets un exemple.

trep.webp

En restant à main levée, j’ai eu beaucoup de mal à réussir ma mise au point et encore plus à obtenir une photo nette car je bougeais constamment.

Dans une position si extrême, oui, le trépied (et surtout la colonne inclinée) bouge légèrement, mais bien moins que moi !

De plus, gagner en stabilité permet d’avoir une meilleure gestion de la profondeur de champ car pour réussir à avoir un bokeh doux et circulaire, il faut utiliser une grande ouverture.

Or, avec une grande ouverture, la profondeur de champ est très faible, ce qui fait que le moindre mouvement fait sortir votre sujet de la zone de netteté.

C’est là qu’intervient le trépied : il vous évite ce mouvement !

Vous pouvez donc utiliser des profondeurs de champs très restreintes (quelques millimètres) tout en ayant une photo nette là où vous le souhaitez.

Je vous mets au défi de le faire à main levée.

L’erreur à éviter : ne pas assez stabiliser son trépied et risquer de faire tomber tout son matériel.

Lorsque vous placez votre trépied, vérifiez toujours sa stabilité avant d’accrocher votre appareil photo à la rotule.

Comment gagner en stabilité ?

  • Favorisez le déploiement des jambes à celui de la colonne centrale.
  • Utilisez un poids accroché à la colonne centrale.
  • Augmentez la prise au sol en ouvrant plus le trépied.
  • Si vous basculez la colonne ou utilisez un téléobjectif, laissez toujours la partie la plus lourde face à une jambe et non face au vide (regardez les photos).
  • Utilisez un trépied pouvant supporter plus de poids que celui de votre matériel

Raison 2 : prendre son temps pour composer

En macrophotographie, le cadrage peut faire toute la différence. Utiliser un trépied vous donne la liberté de composer votre image avec précision et de peaufiner chaque détail sans vous précipiter.

Imaginez cette scène : vous avez trouvé une magnifique fleur à photographier. Vous prenez une photo à main levée et, lorsqu’elle s’affiche sur l’écran, vous remarquez cette brindille qui passe au milieu de votre sujet. Vous l’écartez et essayez de vous replacer au même endroit.

Impossible.

Vous n’arrivez plus à placer la fleur dans ce rond de bokeh tout en étant en légère contre plongée pour qu’on voie le cœur de la fleur.

Avec un trépied, vous auriez fixé votre appareil photo exactement comme vous le souhaitez dès le début et vous auriez ensuite été libre de ​dégager le cadre.

Attention ! Quand je dis dégager le cadre, ce n’est pas arracher toutes les herbes me gênant la vue. En priorité, j’essaye de modifier mon placement afin qu’elles ne me gênent plus. Si ce n’est pas possible, je les écarte doucement en les coinçant derrière d’autres herbes.

Le trépied vous permet de vous concentrer pleinement sur le cadrage. Vous pouvez prendre le temps de vérifier chaque élément de votre image, de tester différents angles, et de peaufiner votre composition jusqu’à ce que vous soyez satisfait.

La contrainte du temps d’installation du trépied vous incite à prendre vous-même plus de temps pour réaliser vos photos et ainsi mieux observer la scène.

L’erreur à éviter : se précipiter pour installer son trépied.

Si vous repérez un insecte, vous allez vous dépêcher de prendre une photo avant qu’il disparaisse, même avec votre trépied.

Seulement, une fois la photo prise, vous vous rendrez compte que l’arrière-plan n’est pas terrible, et que vous avez intérêt à vous décaler sur la droite.

Vous bougez votre trépied et, par mégarde, agitez une de ces hautes herbes, ce qui fait fuir votre sujet.

Si vous aviez pris votre temps en regardant l’environnement avant de vous installer, vous auriez certainement vu ce meilleur point de vue et placé votre trépied directement au bon endroit, ce qui n’aurait pas fait fuir l’insecte.

Raison 3 : Utiliser une vitesse plus lente

Vos photos sont trop bruitées ?

Baissez vos ISO.

Mais pour le faire, vous devrez adapter votre vitesse ou votre ouverture.

Si vous ne voulez pas modifier votre profondeur de champ, vous allez devoir utiliser une vitesse plus lente

Vous connaissez sûrement la règle : à main levée, la vitesse minimum pour éviter le flou de bouger est 1/focale (en tenant compte du crop facteur si besoin).

Avec la faible profondeur de champ, vous devrez certainement descendre un peu plus pour éviter un décalage de la mise au point.

C’est pas avec ça que vous arriverez à baisser vos ISO.

En utilisant un trépied, vous aurez tout le loisir d’utiliser une vitesse plus lente si votre sujet le permet.

Et tant qu’on y est, vous pourriez même vous essayer à la pose longue en macro.

L’erreur à éviter : utiliser une vitesse trop lente.

Si votre sujet est mobile ou s’il y a un peu de vent, vous risquez d’avoir une image floue. Dans ce cas, pas le choix, il faut augmenter la vitesse et monter les ISO.

L’erreur à éviter 2 : ne pas utiliser de télécommande.

Même si vous êtes sur trépied, appuyer sur le déclencheur peut provoquer de légers mouvements et créer un flou de bouger.

Pour parer à ce phénomène, je vous encourage à utiliser une télécommande (ou si vous n’en avez pas, l’application de votre appareil qui peut servir de déclencheur à distance depuis votre portable)

Raison 4 : Utiliser le Live View

Il y a plein de raison d’utiliser le live view, surtout avec un reflex.

  • Avoir un meilleur aperçu de la photo
  • Pour pouvoir utiliser la loupe
  • Pour éviter de se tordre dans tous les sens

et j’en passe.

À main levée, utiliser le viseur permet de se stabiliser en ajoutant un point de contact avec le boitier. De plus, utiliser le live view force généralement à tendre les bras et ne permet d’être dans une position suffisamment stable et agréable pour réussir sa mise au point.

Pour pouvoir l’utiliser confortablement, je n’utilise donc le mode live view que sur trépieds.

L’erreur à éviter : être en plein soleil.

Écran + soleil = reflet

Prévoyez de quoi faire de l’ombre pour votre écran !

Raison 5 : faire du focus stacking

Le focus stacking, un vaste sujet.

Pour résumer le concept, le focus stacking est une technique pour augmenter la profondeur de champ d’une photo.

Il faut prendre une série de photo en décalant légèrement la mise au point puis les assembler sur un logiciel dédié afin de ne garder que les parties nettes.

Photo avec focus stacking (40 photos empilées). On a une grande profondeur de champ et un arrière plan doux

Pour avoir une aussi grande profondeur de champ, j’ai fermé le diaphragme. L’arrière plan est donc moins doux

Une des photos qui a servi à faire le stacking. On retrouve l’arrière plan doux  mais pas la grande profondeur de champ.

Pour réaliser la série de photo, il est important de ne pas bouger afin de conserver le même cadrage, sinon, l’empilement sera impossible.

Raison bonus : réduire la fatigue

Un appareil photo avec un objectif macro, ça pèse en moyenne 1,2 kg (et encore, je suis gentil sur l’estimation)

À bout de bras, ça fait vite lourd.

Si vous voulez faire une sorte d’affût à insecte ou attendre le passage d’un nuage pour avoir la lumière que vous voulez (c’est courant en Bretagne), attendre dix minutes avec votre matériel à la main, c’est long.

De plus, j’utilise beaucoup d’accessoires tel que des flashs ou des réflecteurs. Un trépied m’offre la possibilité de varier mon éclairage sans bouger mon cadrage et sert de support pour fixer diverses éléments avec des pinces et des bras articulés.

Mon set up : mon appareil sur pied, un flash sur un autre pied. Je tiens un réflecteur d'une main tandis que je déclenche de l'autre

Enfin, si vous pratiquez le studio en macrophotographie, un trépied est indispensable !

Ma sélection de trépied pour la macrophotographie.

1. Benro GoPlus Travel S2 (mon choix)

Le meilleur rapport qualité/prix

Très bon trépied livré avec un jeu de pointe en métal pour remplacer les pieds en caoutchouc (utile quand on photographie dehors).

La différence de poids entre la version carbone et aluminium ne justifie pas pour moi l’écart de prix.

Il existe une série 1 avec un diamètre des jambes moindre (et donc moins lourd) mais le trépied sera moins stable. C’est pour cela que je préfère la deuxième série.

  • Poids : 1.9 kg (aluminium), 1.6 kg (carbone)
  • Capacité de Charge : Jusqu’à 14 kg
  • Hauteur Pliée : 48 cm
  • Hauteur Maximale : 165 cm
  • Hauteur Minimale : niveau du sol
  • Sections des Jambes : 4
  • Type de Verrouillage des Jambes : Twist lock (verrouillage par torsion)
  • Convertible en monopode

2. Manfrotto Befree GT XPRO

Trépied haut de gamme pour la macrophotographie.

Le plus transportable de la sélection, il coûte cependant bien plus cher.

  • Poids : 1.76 kg (aluminium), 1.55 kg (carbone)
  • Capacité de Charge : Jusqu’à 12 kg
  • Hauteur Pliée : 43 cm
  • Hauteur Maximale : 164 cm
  • Hauteur Minimale : 9 cm
  • Sections des Jambes : 4
  • Type de Verrouillage des Jambes : Twist lock (verrouillage par torsion)
  • Flexibilité des Jambes : Les jambes peuvent être ajustées indépendamment avec des angles de 22°, 54°, et 89°

3. Manfrotto MT055 XPRO3

Le monstre.

Un trépied à trois sections qui monte assez haut et qui est volumineux. Avec sa capacité de charge à 20kg, et ses 2kg ou plus, il est parfaitement adapté à une pratique en studio mais plus encombrant sur le terrain.

  • Poids : 2.5 kg (aluminium), 2 kg (carbone)
  • Capacité de Charge : Jusqu’à 20 kg
  • Hauteur Pliée : 61 cm
  • Hauteur Maximale : 170 cm
  • Hauteur Minimale : 9 cm
  • Sections des Jambes : 3
  • Type de Verrouillage des Jambes : Power Lock (verrouillage à levier)
  • Flexibilité des Jambes : Jambes ajustables indépendamment avec des angles de 25°, 46°, 66°, et 88°

Vous faites partie de quel type de photographe ? Avec ou sans trépied ? Pourquoi ?

Si vous utilisez un trépied, quel est votre modèle favoris ?

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