Soyons honnêtes deux minutes : quelle est la proportion de photos vraiment nettes que vous ramenez d’une sortie ?
2 % ? 5 % ? 10 % ?
Plus ? Si c’est vraiment le cas, vous n’auriez pas cliqué sur cet article.
Rassurez-vous, avoir des photos floues en macro, c’est normal, vous en faites et continuerez à en faire.
Oui, moi aussi, je fais des photos floues. Pour des sujets immobiles, j’ai environ 20 % des photos qui partent à la poubelle par manque de netteté, et ça monte à plus de 80 % si je photographie des insectes en mouvements ! Et je parle bien que des photos floues, pas de celles qui sont mal exposées ou mal cadrées.
Par contre, il est important de savoir pourquoi vos photos sont floues. Voici les cinq raisons les plus courantes !
La zone de netteté ou l’art de danser sur un fil de rasoir
Ce qui caractérise la macrophotographie, c’est la faible profondeur de champ. Ainsi, il y a une zone nette de seulement quelques millimètres.
C’est ce qui explique pourquoi l’œil du papillon est net, mais pas ses antennes ou le bout de ses ailes.
Vous pouvez vous en servir à des fins créatives, mais, souvent, c’est frustrant d’avoir uniquement les yeux de l’insecte net.
Voici trois solutions pour augmenter la profondeur de champ (et donc la netteté) :
- Plus fermer le diaphragme, mais en perdant de la lumière.
- Vous éloigner de votre sujet, en diminuant le rapport de grossissement.
- Utiliser une focale plus courte, mais changer la distance de travail et le cadrage.
Et si vous ne souhaitez pas augmenter la profondeur de champ, mais quand même gagner en netteté, travaillez l’alignement entre votre sujet et le capteur.
L’autofocus qui pédale dans la semoule
C’est le classique en macrophotographie.
Vous repérez une coccinelle entre les brins d’herbe, vous essayez de faire la mise au point et… Rien, l’autofocus pompe dans le vide, n’arrive pas à faire la mise au point sur la coccinelle.
Résultat : une photo floue, ou avec la mise au point sur un brin d’herbe plutôt que sur la coccinelle.
Pour pallier à ça, la meilleure solution est de faire une mise au point manuelle, vous gagnerez en précision, et certainement en vitesse.
Vous pouvez également booster votre autofocus en utilisant le collimateur central (et l’af par zone) ou en activant le limiteur de plage de mise au point.
Manque de stabilité : arrêtez de prendre vos photos pendant un séisme
Vous avez déjà essayé de prendre une photo en toussant ?
On est d’accord que le résultat sera… expérimental.
Mais il n’y a pas besoin de tousser pour que vos mouvements gâchent votre mise au point : le moindre petit tremblement peut suffire.
Un léger déséquilibre, une faiblesse dans le poignet, un tremblement lors de l’appui sur le déclencheur et votre photo est floue.
Pour gagner en stabilité, maximisez les contacts avec votre boitier : au niveau du viseur, la main gauche sur l’objectif, et celle de droite tient la poignée. Ensuite, essayez de caler vos coudes sur le sol, sur un arbre ou votre corps. Par contre, restez souple ! Si vous vous crispez, en plus d’avoir des crampes, vous ne serez pas stable.
Sujet en mouvement : quand les insectes se prennent pour Usain Bolt
Le flou de mouvement, c’est la hantise du photographe macro.
Qui n’a jamais loupé une photo à cause d’un insecte qui s’envole ou de la brise qui fait osciller les fleurs.
Malheureusement, c’est sur ce point que vous avez le moins de pouvoir. Mais vous pouvez quand même optimiser vos conditions de prise de vue !
Voici les trois astuces pour lutter contre le flou de mouvement :
- Augmenter la vitesse pour figer le mouvement, par contre, vous perdrez en lumière.
- Concernant les insectes, sortir tôt le matin ou en soirée, ils sont moins actifs, car les températures sont plus basses.
- Pour le vent, soit vous reportez votre sorti s’il est trop fort, soit vous essayer de protéger votre scène avec votre sac à dos ou vous-même.
ISO trop haut, résultat trop bas
Cette dernière cause ne crée pas une photo floue, mais donne une sensation de manque de netteté.
Il y a deux phénomènes possibles :
- Un bruit numérique trop présent qui donne une sensation de pointillisme (ou de neige comme sur les anciennes télé). Pour régler ceci, vous pouvez jouer sur les autres paramètres du triangle d’exposition, au risque d’avoir de nouvelles causes de flou, ou utiliser de l’éclairage additionnel pour réduire les ISO. Vous pouvez également réduire le bruit en post-traitement pour ne pas tomber dans le deuxième problème.
- Une réduction du bruit trop puissante appliquée en post-traitement qui lisse l’image et supprime les détails. Une fois la photo prise, vous ne pouvez plus faire grand-chose, à part trouver un compromis entre bruit et netteté.
Votre prochaine photo sera nette
Avec ce que vous venez de lire, vous avez la cause de 90 % de vos photos floues.
Votre travail, maintenant, c’est d’analyser vos photos et de comprendre qu’elle est la cause principale. Vous pourrez ensuite essayer les solutions développées dans cet article.
Vos photos restent floues malgré tout ? Faites-moi signe dans les commentaires, on trouvera une solution ensemble.
Avant de conclure cet article, je tiens à souligner un aspect important : en macrophotographie, des images floues sont inévitables, peu importe votre niveau d’expérience ou votre équipement. Ce qui compte, c’est d’avoir des images nettes au milieu.
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