Jade vient de recevoir son nouvel appareil avec un objectif macro pour se mettre sérieusement à la photo.
Elle sort dans son jardin et patiente, son boitier en mode auto à la main, qu’une abeille vienne butiner son rosier.
Quelques minutes plus tard, clic clac, clic clac, elle prend une dizaine de photos d’un bourdon.
Une fois qu’il est parti, elle regarde les photos sur l’écran arrière.
Floues. Toutes floues.
Sur la première, la mise au point est sur la fleur, pas sur l’insecte. Le bourdon est en train de s’envoler sur les suivantes, mais trop rapidement pour être figé. Et sur la dernière, il n’y a que l’aile droite de nette.
Après quelques recherches sur internet, Jade découvre les différents modes de prise de vue utilisable en macrophotographie et, surtout, le mode manuel.
J’imagine que, comme Jade, vous vous demandez s’il faut photographier en mode Auto ou passer directement en Manuel.Et c’est une bonne question, car, même si le mode auto devient vite un frein, le mode manuel peut vous intimider.
Dans cet article, on va voir les forces et limites de chaque mode, quand utiliser l’un ou l’autre, et comment progresser rapidement sans transformer vos débuts en cauchemar technique.
Préparez votre objectif macro : à la fin de cet article, vous saurez quel mode choisir pour réussir vos premiers clichés, sans perdre le plaisir de photographier.
Comprendre la macro photo quand on débute
Avant de choisir entre le mode Auto ou Manuel, il faut d’abord comprendre ce qui rend la macrophotographie si exigeante et intéressante à la fois.
La macro, c’est capturer des détails qui passent inaperçus : les nervures d’une feuille, la trompe d’un papillon qui butine, la texture d’une mine de crayon à papier…
Mais ce niveau de détail à un prix : la zone de netteté ne fait que quelques millimètres. Ainsi, la moindre vibration ou coup de vent rend une photo floue.
La lumière, votre meilleure alliée (ou votre pire ennemie)
Mais la netteté n’est qu’un souci parmi tant d’autres. Et la lumière n’est pas des moindres.
En effet, plus vous vous approchez de votre sujet, plus la lumière se raréfie.
Il faut donc compenser cette baisse de luminosité en jouant sur l’un des trois paramètres du triangle d’exposition :
- soit en ralentissant la vitesse d’obturation,
- soit en augmentant les ISO,
- soit en ouvrant davantage le diaphragme (au risque de perdre en netteté sur certaines zones).C’est là que le choix entre Auto et Manuel devient déterminant : le premier gère tout cela pour vous, tandis que le second vous laisse les commandes… et donc la responsabilité du résultat.
Le mode Auto : simplicité et rapidité
Je ne vais pas vous mentir : le mode automatique est attrayant. Vous n’avez rien à faire à part vous concentrer sur le cadrage et la composition.
Et le mieux dans tout ça, c’est que vos photos seront toujours à peu près bien exposées !
C’est un avantage non négligeable si vous débutez : vous n’avez pas besoin de maitriser le triangle d’exposition pour réaliser vos premières photos.
Seulement, vous vous sentirez vite coincés par les choix de votre appareil photo.
Vous pourriez vous retrouver dans une situation où il choisit d’ouvrir le diaphragme à fond alors que vous auriez voulu avoir plus de profondeur de champ.
L’autre cas de figure courant c’est qu’il utilise une vitesse trop lente par rapport à votre sujet afin de limiter les ISO.
Le mode Auto, c’est comme des petites roues sur un vélo : pratique au début, mais pas pour faire la course.
Le mode Manuel : la liberté totale
Si vous avez envie de progresser sérieusement en macro, la sortie du mode automatique est indispensable.
Et le mode manuel est une bonne alternative, car vous contrôlez l’ensemble des paramètres du triangle d’expositions.
Imaginez pouvoir ajuster la vitesse à votre sujet, jouer sur la profondeur de champ avec l’ouverture ou ajuster l’exposition grâce aux ISO.
Vous voyez les perspectives qui s’offrent à vous ?
Car oui, l’exposition est un outil créatif : une même photo sous-exposée ou surexposée ne renvoie pas le même ressenti ! Et ça, le mode auto n’est pas capable de le faire.
Conseil
Avis aux chanceux qui utilise un hybride. Vous pouvez voir en temps réel le rendu de votre exposition dans le viseur ! Vous n’avez plus d’excuses pour vous lancer.
Alors, quel mode choisir pour débuter ?
On va distinguer deux cas de figure.
1. Vous êtes 100 % débutant
Si vous n’avez jamais fait de macro et que vous venez de recevoir votre boitier, je vous conseille de débuter en automatique.
Voici pourquoi.
Débuter en manuel risque de vous dégouter de la photo.
Car, comme on l’a vu, il faut maitriser l’exposition. Connaître la théorie, c’est simple, en vingt minutes vous connaissez le triangle d’exposition et l’impact de chaque paramètre (peut-être même que cet article suffit). Mais pour être capable d’ajuster rapidement ces trois réglages, il va vous falloir un peu d’entrainement.
Avant d’apprendre à exposer, il faut savoir observer…
Et oui, une photo bien exposée n’est rien s’il n’y a pas un sujet intéressant.
L’exposition, ça peut se rattraper un peu en post-traitement, pas votre sujet.
Alors, sortez en mode automatique et concentrez-vous sur ce qui vous entoure.
Et aussi cadrer
Dans la continuité du point précédent, trouver un sujet c’est bien, en faire une photo qui le met en valeur c’est mieux !
Oui, en faire une photo bien exposée c’est mieux, mais ce qui est le plus important c’est d’avoir un cadrage valorisant !
Une photo de coccinelle légèrement de profil où l’on voit bien ses antennes, mais avec une exposition« plate » sera bien mieux qu’une photo de la même coccinelle de derrière avec une exposition travaillée.
(Si ça ne vous parle pas, je vous laisse faire l’analogie avec vous : vous préférez montrer votre meilleur profil avec une exposition normale ou votre dos avec une exposition maitrisée ?)
2. Vous êtes avez déjà un peu d’expérience
Si vous avez déjà fait un peu de macro (même avec votre téléphone) ou que vous connaissez un peu votre appareil, car vous faites d’autres types de photo, je vous conseille de passer assez vite en manuel.
Relisez les deux derniers points de la partie des débutants : si vous vous sentez à l’aise dessus, ça veut dire que c’est le moment de se jeter dans le bain !
3 conseils pour progresser rapidement
Pratiquez sur un objet immobile
Je ne le répèterais jamais assez, mais la clé pour progresser en macro (et dans tous les domaines), c’est la pratique.
Choisissez un sujet immobile et faites des tests. Fixez les ISO et l’ouverture pour comprendre l’impact de la vitesse. Changez ensuite de paramètre que vous faites varier.
Lorsque vous êtes à l’aise avec les trois paramètres individuellement, entraînez-vous à ajuster l’exposition en jouant sur deux paramètres à la fois. Essayez les modes semi-automatiques : ils vous permettent de laisser la main à l’appareil sur un paramètre de votre choix (ouverture ou vitesse).
Notez vos réglages
Lorsqu’une photo vous convient, notez vos réglages et le contexte. L’objectif est de vous créer une sorte de catalogue de réglages en fonction des situations afin d’avoir un point de départ rapide pour chaque photo.
Pour gagner du temps, je vous ai créé un guide sur l’exposition pour bien débuter en mode manuel, avec quelques exercices supplémentaires, ainsi qu’un début de catalogue.
Analysez vos ratés
Retenir les réglages de vos bonnes photos c’est bien, mais comprendre vos erreurs, c’est encore mieux !
Prenez une photo sur ou sous-exposée et essayez de comprendre sur quel paramètre vous pourriez jouer.

Imaginez que vous ayez capturé une image d’une fleur dans un endroit ombragé et protégé du vent, avec les paramètres spécifiques de f4, 1/1000 et 200 ISO.
Lorsque vous la regardez sur ordinateur et vous rendez compte qu’elle est sous-exposée.
À votre avis, sur quel paramètre pouvez-vous jouer pour résoudre ce problème ?
J’aurais tendance à dire qu’une fleur, ça ne bouge pas, surtout à l’abri du vent. Donc, une vitesse de 1/1000 n’est pas justifiée : une vitesse plus lente suffit pour éviter le flou de mouvement.
En faisant cet exercice sur quelques photos, vous acquerrez des réflexes pour ne plus effectuer les mêmes erreurs. (D’ailleurs, je vous en propose quelques-uns dans mon guide sur l’exposition.)
Le top du top, c’est de demander à d’autres photographes un peu plus expérimentés leur avis.
Auto ou Manuel, l’important c’est de progresser à votre rythme
Vous l’aurez compris, il n’y a pas de réponse unique à la question « Auto ou Manuel ? » : tout dépend de votre niveau, de vos objectifs, et surtout de votre envie du moment.
Le mode Auto est parfait pour vous concentrer sur l’essentiel au début : observer, cadrer, déclencher. Il vous enlève la pression technique pour que vous puissiez vous concentrer sur le plaisir de photographier.
Mais dès que vous avez un peu plus de repères, le mode Manuel devient votre meilleur allié pour explorer votre créativité, affiner votre technique et sortir des limites imposées par l’automatisme.
Alors, que vous soyez encore comme Jade, frustré par des clichés flous, ou déjà prêt à passer à l’étape supérieure, rappelez-vous que chaque photo — même ratée — est une occasion d’apprendre.
Prenez votre temps, amusez-vous, testez, ratez, recommencez… et surtout, n’oubliez pas que même les plus grands photographes ont commencé quelque part.
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