J’ai reçu Thibault Andrieux, un proxyphotographe connu pour ses photos d’empuses et d’ascalaphes.

Je ne l’ai pas invité pour nous parler de proxy.

En effet, il a commencé récemment à faire du focus stacking, en utilisant parfois de très forts rapports de grossissement.

Comment se lancer dans le focus stacking ? ​Comment produire des photos créatives avec autant de contraintes techniques ?


​Si vous préférez écouter l’interview plutôt que le lire :

Sauf mention contraire, toutes les photos illustrant cet article sont de Thibault Andrieux.


Pourquoi tu t’es lancé dans le focus stacking et pourquoi tu utilises des rapports de grossissement aussi importants ?

À la base, je suis plutôt proxyphotographe que macrophotographe, donc je fais de la photo en essayant de créer une ambiance autour du sujet plutôt qu’un gros plan sur la bestiole. C’est quelque chose que je fais depuis une dizaine d’années et j’expose un petit peu partout où je peux.

Je travaille pour une entreprise qui s’appelle Bioline Agroscience, qui commercialise des macro-organismes, donc principalement des insectes, mais aussi des acariens et quelques nématodes. Les nématodes étant des petits vers parasites qui sont utiles pour les cultures, c’est-à-dire des auxiliaires de culture, style les coccinelles contre les pucerons.

Et du coup, j’ai un nouveau directeur depuis maintenant deux ans, qui s’est vite rendu compte de l’intérêt d’avoir quelqu’un spécialisé dans la photo d’insectes au sein de l’entreprise. Il m’a demandé si ça m’intéressait de refaire la photothèque, parce que sur le site internet de l’entreprise, il y a surtout des photos des flacons, mais pas des photos des bestioles elles-mêmes.

Et l’intérêt du coup du focus stacking pour ça, c’est que la plupart des espèces qu’on commercialise, ce sont des acariens, donc des très petits arthropodes. Pour donner un ordre d’idée, le plus gros des acariens qu’on commercialise fait 0,8 mm de long. D’où l’intérêt de faire des très forts grossissements, c’est de réussir à prendre en photo ces petits organismes.

Plus tu as des forts grossissements, plus la profondeur de champ est réduite. Et là, à ces rapports de grossissement-là, la profondeur de champ, c’est rien du tout. Donc, le focus stacking est quasiment obligatoire pour les photos qu’on m’a demandé de faire.

Et du coup, là tu parles sur le plan professionnel, c’est dans le cadre de ton travail que tu as commencé à faire du focus stacking. Est-ce que tu l’utilises aussi maintenant de manière amateur, vu que tu as développé cette technique et que tu as investi dans le matériel nécessaire ?

Ouais, l’intérêt que j’avais, c’était de mettre un pied dans ce sujet-là. C’est quelque chose dont toute personne qui se lance dans la proxy ou la macro a déjà entendu parler. Le stacking focus est une technique assez connue, mais qui est vraiment très, très technique à mettre en œuvre, surtout avec ce genre de rapports de grossissement.

Moi, j’ai vu ça comme une opportunité de tester. J’ai dit direct à mon chef que j’allais pas faire ça gratuitement : soit ils achetaient le matériel que j’utiliserais, soit je louais mon matériel pendant le temps de travail. Il a plutôt vu l’intérêt de faire la location, ce qui m’a permis d’investir dans ce matériel particulier.

Au départ, vu que je suis plutôt habitué à faire des choses artistiques que techniques, je pensais pas être autant séduit par la technique, mais c’est quelque chose qui m’a plu dès le départ. C’est vraiment impressionnant le genre d’image que tu arrives à former, tu rentres vraiment dans un monde à part.

Donc je me suis fait la main sur la technique pour le boulot, mais j’ai dans l’idée de vraiment continuer à fond pour mon côté perso aussi, et essayer de sortir au moins une série d’images avec des très forts rapports de grossissement.

En fait, j’ai un petit collectif de quatre photographes en local (le collectif Esprit Nature), avec qui je fais des expos dans des écoles. Jusqu’à maintenant, on a mixé plusieurs approches de la photo de nature. Moi, pour l’aspect insectes, un autre pour les paysages, et les deux autres pour les gros animaux.

Mon idée avec le stacking focus, c’est de réussir à sortir une expo pour montrer des détails d’insectes et d’arthropodes en général, pour expliquer aux enfants comment vivent ces petites bêtes. Parce que tout le monde voit à quoi ressemble un œil d’insecte, tu vois les yeux, mais derrière, il n’y a pas forcément la connaissance de comment ça fonctionne vraiment.

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Donc, l’idée est d’avoir à terme une expo d’une quinzaine d’images avec des gros plans de détails d’insectes pour pouvoir expliquer aux enfants comment ce petit monde fonctionne.

Et du coup, tu n’as pas de projet lié au focus stacking de manière plus artistique, sans but éducatif et hors travail ?

Oui, mais après, l’expo qu’on fait dans les écoles actuellement, il y a quand même un gros aspect artistique. Ce ne sont pas juste des images de gros plans de bestioles.

Donc l’idée, c’est de réussir à mixer à la fois l’artistique et l’éducatif pour les enfants. Il ne s’agit pas juste d’avoir une photo bien détaillée sans approche artistique. Il faut que je cherche un aspect graphique derrière. Même si, moi, étant passionné par les insectes, je trouve déjà qu’il y a un côté graphique, je sais que ceux qui n’ont pas cette sensibilité entomologique de base trouvent cela un peu rebutant.

Donc, il faut que je réussisse à créer une image qui plaise à tout le monde, tout en ayant un détail anatomique intéressant à développer derrière pour un aspect éducatif.

Et du coup, j’imagine que, vu la profondeur de champ et la taille des sujets, ça change vraiment de ta pratique de la proxyphotographie où tu pouvais inclure pas mal de décor. Comment envisages-tu d’amener des images un peu plus artistiques, et pas purement descriptives, dans le cadre du focus stacking ?

C’est en jouant sur l’anatomie dès le départ.

Ce qui est assez connu dans ce domaine des très forts grossissements, c’est par exemple les écailles des ailes de papillons. C’est quelque chose de très graphique, avec des couleurs ou des reflets qui varient selon l’espèce. Il y a des jeux de lumière qui te renvoient des longueurs d’onde différentes, ce qui crée des couleurs différentes. Ou bien, tu as des pigments qui donnent des couleurs naturelles différentes.

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Donc, déjà, je vois comment travailler cela. Pareil avec les yeux d’insectes. Tu vois, tu as les ocelles, chaque « mini-œil » forme une sorte de pixel, et c’est vraiment graphique. Chaque facette peut avoir des reflets différents, ce qui peut être vraiment intéressant.Après, pour des structures un peu moins graphiques de base, comme les antennes, il va falloir que je joue sur des arrière-plans colorés, pour mettre en valeur le sujet.

Je débute tout juste dans ce domaine. Là, j’ai fini de me faire la main sur la technique avec les insectes du boulot, et je commence à être vraiment content des images que je forme, d’un point de vue qualité optique. Parce que jusqu’à maintenant, j’avais des choses où je n’étais pas forcément satisfait. Là, je commence tout juste à avoir ce que je voulais faire, donc je commence à me lancer sur mes propres images un peu plus sérieusement.

OK, c’est un travail qu’on verra dans quelque temps, le temps de bien maîtriser la photo, c’est ça ?

Oui, c’est comme tout. Je vais me faire la main petit à petit sur mes propres images et sur la façon de les former. C’est quelque chose qui va se faire au fil du temps, sur plusieurs années. Je ne me mets pas de pression, je le fais à mon rythme.

Et là, de ce que je sais, c’est que tu utilises des optiques de microscope. Mais est-ce que tu envisages aussi d’utiliser des forts rapports de grossissement sans aller tout de suite dans le X15 ou le X20, juste du X3 ou X4 ?

Oui, clairement. En fait, j’ai fait du stacking focus progressivement, en augmentant petit à petit le rapport de grossissement.

Comme je le disais, on a beaucoup d’acariens au travail, mais aussi d’autres insectes beaucoup plus gros. Enfin, entre guillemets, car ils font plutôt un demi-centimètre, voire un centimètre.

Là, de base, j’avais un objectif particulier, que tous les photographes en macro connaissent : le Canon MPE 65, qui permet des rapports de grossissement de X1 à X5. C’est déjà une bonne entrée en matière pour des forts rapports de grossissement.

Alors, je sais que Laowa, une autre marque, a sorti un équivalent qui permet d’aller jusqu’à X5 aussi. Je ne l’ai jamais eu en main, donc je ne sais pas ce que ça vaut, mais ça doit être pas mal.

J’avais déjà fait pas mal de stacking focus avec des rapports de grossissement autour de X5, justement pour me faire la main sur la partie technique avant de passer à de plus forts grossissements.

Ensuite, j’ai un peu augmenté en ajoutant des bonnettes sur le MPE 65. Ce sont juste des lentilles supplémentaires qui permettent d’augmenter encore le grossissement. Il y a par exemple une bonnette chez Raynox, la MSN 505, qui permet d’aller jusqu’à X10 sur le MPE65. Donc, c’est déjà pas mal avant d’investir directement dans des objectifs de microscope avec toutes les adaptations compliquées que cela implique.

Après, quand j’ai commencé à m’intéresser au focus stacking et à me dire qu’il fallait que j’aille jusqu’à du X50 pour faire de très gros plans, Laowa avait sorti un objectif particulier appelé l’aurogon. C’est conçu pour remplacer l’utilisation d’objectifs de microscope.

Tu l’adaptes sur des tubes de différentes longueurs et ça te permet d’aller jusqu’à du X50. Par contre, au moment où je m’intéressais à ça, ce n’était pas encore sorti. Comme j’étais un peu pressé par le temps, je suis parti sur des objectifs de microscope classiques.

Depuis, cet objectif est sorti, et je crois qu’il coûte environ 1800 €. Avec ça, tu peux atteindre plusieurs grossissements, de X10 à X50. Mais je ne l’ai jamais eu en main, donc je ne sais pas vraiment ce que ça vaut. Cela dit, c’est une option pour ceux qui ne veulent pas se prendre la tête avec des objectifs de microscope.

Dans tous les cas, atteindre des très forts rapports de grossissement, ça coûte cher, c’est ça ?

Exactement. Pour te donner une idée, l’aurogon, par exemple, te permet d’avoir trois grossissements différents (X10, X30 et X50) pour 1 800 €, alors qu’un bon objectif de microscope comme un Mitutoyo en X50 te coûterait à peu près le même prix pour un seul grossissement. Donc là, pour le même prix, tu as accès à plusieurs grossissements, ce qui est intéressant.

Et par curiosité, si ça te va d’en parler, tu estimerais à combien ton setup pour atteindre ces très forts grossissements ?

Il faudrait que je retrouve les détails, mais de tête, je dirais que je suis autour de 1 000 € pour aller jusqu’à du X20. Rien que l’objectif de microscope m’avait coûté 700 € sur eBay.

Ensuite, il y a tout le setup avec le soufflet et le système d’adaptation, qui sont des petites pièces que tu trouves facilement sur Amazon. Le soufflet, je l’ai acheté à une quarantaine d’euros sur Le Bon Coin. Donc, en gros, rien que pour le montage optique de microscope, je pense que ça m’a coûté à peu près 1 000 €.

Après, il y a tout le reste du matériel nécessaire pour le focus stacking, comme le rail motorisé, qui a aussi un coût.

Et pour l’instant, tu pratiques en intérieur, dans un mini studio que tu as créé. Est-ce que tu envisages de pratiquer en extérieur ou as-tu déjà essayé ?

Je n’ai jamais pratiqué en extérieur, mais quand j’ai acheté le rail motorisé, j’ai pris un modèle qui peut se brancher sur une batterie externe, type power bank classique.

Du coup, je sais que je pourrais l’utiliser en extérieur, mais je n’ai pas encore franchi le pas. Pour un grossissement entre X1 et X5, ça devrait être faisable, mais il faut que je teste. Il faudrait que je tombe sur un sujet qui bouge très peu pour pouvoir faire une quarantaine d’images pour les empiler après.

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Tu as anticipé ma prochaine question, c’était justement de savoir combien d’images tu prends par photo.

Pour un grossissement entre X1 et X5, je pense qu’une quarantaine d’images, c’est déjà pas mal.

Pour des photos de pucerons au boulot, où j’étais à X10 avec le MPE 65 plus une bonnette, j’avais fait un empilement d’une quarantaine d’images pour avoir suffisamment de profondeur de champ.

Pour des très gros plans à X20, par exemple hier, j’ai fait un focus stacking sur un œil de coccinelle, et j’ai empilé 600 images. Derrière, il faut trier pour vérifier quand le sujet devient net. Quand j’ai fait des photos d’acariens pour le boulot, j’avais à peu près 400 images empilées pour avoir le sujet et l’arrière-plan net. Cela m’est déjà arrivé de monter jusqu’à 800 images pour avoir toute la profondeur de la tête d’un papillon, car j’étais à X20.

J’imagine que traiter 800 images, c’est un gros boulot.

Oui, pour traiter 800 images, il faut compter environ 45 minutes rien que pour la prise de vue.

Ensuite, pour trier et vérifier les images, il faut compter une bonne heure ou deux, surtout quand tu dois retoucher certaines zones.

Par exemple, quand tu as des antennes qui se chevauchent, tu peux avoir des zones floues qui se superposent et créer des halos de flou. Il faut utiliser des outils comme le tampon ou faire des détourages sous Photoshop pour corriger ces zones. Il y a aussi le problème des poils, qui peuvent créer des zones floues autour d’eux à cause de la profondeur de champ. C’est un travail assez fastidieux.

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Et oui, il y a aussi les poussières. Comme tu fais une superposition de centaines d’images, la moindre poussière sur le capteur se répète sur toutes les images et crée des traînées. Du coup, il faut également traiter cet aspect.

Je me suis un peu essayé au focus stacking, mais sans utiliser des moyens ou des rapports de grossissement aussi importants. Ce que je faisais, c’était activer l’option de bracketing de focus sur mon appareil photo. Je choisissais des sujets relativement simples, et pour l’instant, je réalisais mes prises de vue chez moi, en montant un mini studio photo sur la table de mon salon.

Concernant les problèmes liés aux poussières ou aux superpositions d’éléments, j’utilisais Affinity Photo pour réaliser mes stacks. Une fois l’empilement terminé, je pouvais revenir sur les images sources et supprimer certaines zones si, par exemple, il y avait eu un léger mouvement ou un défaut dans l’empilement.

J’ai l’impression que ce que tu utilises dans ton logiciel est assez similaire à ce que je fais.

Personnellement, j’utiliseHelicon Focus et une fois l’empilement terminé, je peux accéder à un outil similaire au tampon de Photoshop. La différence, c’est que la source du tampon n’est pas l’image d’origine, mais une des images de la pile d’empilement.

Cela me permet de retoucher des zones à partir d’une image spécifique de la pile, notamment si l’empilement a mal rendu certaines parties ou les a rendues transparentes. Cela m’arrive surtout quand il y a des éléments fins, comme des pattes, que le logiciel a du mal à empiler correctement.

Je pourrais effectivement essayer de faire ce type de correction directement dans le logiciel de stacking, mais pour l’instant, j’utilise une méthode différente. Je préfère faire un détourage complet du sujet et ensuite travailler sur l’arrière-plan pour gérer les zones floues. Chacun a sa méthode, mais pour ce qui est des poussières, même si tu pars d’une image propre, il y a souvent des poussières sur d’autres images de la pile.

Le plus simple reste de nettoyer le capteur avant de commencer.

Même en nettoyant bien le capteur, à de forts rapports de grossissement, le moindre défaut reste visible. Donc, même avec un capteur propre, il y aura toujours quelques soucis à gérer.

C’est quoi la plus grande difficulté que tu as rencontrée avant d’obtenir des images qui te conviennent techniquement et optiquement ?

La gestion des vibrations, clairement. À ces rapports de grossissement, tu captes la moindre vibration.

Et encore, moi je me suis limité à du X20, mais j’ai l’intention d’aller jusqu’à du X50. J’avais essayé de faire ça au travail au départ, et dès que je tapais dans des grossissements de l’ordre de X10, je captais les vibrations du bâtiment. Même si je n’avais pas de collègues proches dans le labo, il suffisait qu’il y ait quelqu’un qui marche dans le couloir pour que je ressente les vibrations sur l’image. À X20, c’était encore pire.

Donc, comment as-tu résolu ce problème ?

Première solution : je fais ça en télétravail, où je suis tout seul à la maison. Pas de collègues, pas de voisins, tout est calme.

Ensuite, pour éviter les vibrations générées par l’appareil lui-même, j’utilise le mode obturateur électronique sur mon hybride, ce qui génère zéro vibration, contrairement à l’obturateur mécanique des réflexes.

Et puis, je me suis fabriqué un système anti-vibration : j’ai fixé tout mon matériel sur une planche en bois assez lourde, que j’ai posée sur un tapis anti-vibration (comme ceux utilisés pour les machines à laver). Ce système maison a considérablement réduit les vibrations. Avec ça, je m’en sors facilement à X20.

Tu n’as pas encore testé à X50 ?

Non, pas encore, mais pour les photos que j’avais à faire jusqu’à maintenant, ça fonctionne parfaitement. Cela dit, je ne suis pas sûr que ce système fonctionnera aussi bien à X50, il faudra que je teste.

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J’imagine que c’est un peu un casse-tête de tout sortir à chaque fois pour faire une photo d’insecte, non ?

Oui, c’est ça. Étant en appartement, je n’ai pas beaucoup de place, donc je me suis créé un système que je peux ranger une fois que j’ai terminé. Il me faut environ une demi-heure à une heure pour tout installer, et pareil pour tout ranger après. Mais une fois que tout est rangé, ça ne prend pas de place.

Par contre, pour avoir échangé avec des pros de la technique, eux, ils ont carrément une pièce dédiée à ça, ou au moins un coin de la maison où ils peuvent laisser tout en place, ce qui leur permet de ne pas devoir tout réinstaller à chaque fois.

Tu parlais de coachs pour t’aider à accéder à ces rapports de grossissement. J’imagine que tu as fait des recherches avant. En plus de ton article déjà bien complet, est-ce que tu aurais une ou deux ressources qui t’ont vraiment aidé pour la partie technique et le choix du matériel ?

Oui, il y a une référence incontournable en termes de livre. Moi, j’avais déjà ce livre avant de vouloir vraiment me lancer dans le focus stacking pour le travail. Il s’agit du livre La macro au-delà du rapport 1:1 de Frédéric Labaune, qui est le principal auteur. Il couvre tout l’aspect matériel, des différents rapports de grossissement, de X1 jusqu’à X100, voire plus. Il parle même d’appareils photo branchés directement sur des microscopes. Ce livre est très détaillé. Ensuite, il y a des forums, des blogs et des sites internet.

Je me suis beaucoup inspiré pour le montage optique du site où j’ai acheté mon matériel de focus stacking, comme le rail motorisé. J’ai acheté tout ça sur un site allemand appelé MJKZZ. Il y a aussi Wemacro. Ces sites sont bien foutus et expliquent pas mal de choses sur les systèmes de montage optique. Ils vendent aussi le matériel en question, bien sûr, mais ils sont très utiles pour comprendre comment tout fonctionne.

Sinon, j’ai aussi traîné sur Instagram, en suivant des photographes qui font du focus stacking avec les rapports de grossissement que je voulais atteindre. Ils indiquent souvent le matériel qu’ils utilisent, donc ça permet de repérer les bonnes optiques.

Un photographe que je suis particulièrement, c’est Javier Rupérez, alias Q**uenoteam sur Instagram. Il a un site internet où il montre tout son matériel, et c’est vraiment impressionnant. Il a un labo spécialement dédié à ça, et des images de son montage optique très détaillées. Je m’en suis pas mal inspiré.

OK, et quand tu parles de photographes qui montent des appareils photo sur des microscopes, tu connais le travail de Céline Clanet ? Ce n’est pas une photographe, mais elle a publié un livre génial, Ground Noise, sur les forêts, en collaboration avec l’INRA. Elle a utilisé des microscopes électroniques à balayage pour explorer des rapports de grossissement énormes et montrer des visions d’insectes qu’on n’a pas l’habitude de voir.

Non, je ne connaissais pas du tout cette photographe, mais je vais aller voir ça ! Merci pour la découverte, je vais explorer son travail.

J’ai une dernière question : si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui veut se lancer dans le focus stacking avec un rapport de grossissement supérieur à 1, ce serait quoi ?

Mon conseil, ce serait d’essayer, essayer, essayer.

En fait, c’est comme pour tout en photographie, surtout en macrophotographie, qui est ma spécialité. Moi, j’ai tout appris par l’erreur. C’était aussi le cas pour le focus stacking.

J’ai fait des essais qui n’étaient pas optimaux, et puis j’ai réajusté. Cela m’a pris du temps, mais en persévérant, tu finis par comprendre ce qui fonctionne. Ça fait un an et demi que je me suis vraiment lancé dans cette technique pour le boulot, et c’est seulement maintenant que je suis content des images que je sors.

Donc, il faut vraiment persévérer et ne pas se décourager si les résultats ne sont pas immédiats. On apprend en tâtonnant, et petit à petit, on arrive à sortir des images qui nous plaisent.

Pour connaître précisément sa liste de matériel, je vous renvoie vers son article où il détail son processus pour faire de l’hyper macro.​

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