On va pas se mentir : il commence à faire vraiment moche.

Entre le froid, la pluie, le vent et le soleil qui joue à cache cache, les conditions pour faire de la macro sont de moins en moins réunies pour faire de bonne sorties.

Ne serait-il pas temps de ranger votre appareil jusqu’au printemps ?

Vous prenez cette décision à contre cœur.

J’ai fait pareil. Pendant deux ans.

Je rangeais avec tristesse mon appareil aux alentours des vacances de la Toussaint.

Moi aussi je pensais que la macro était réservée à la saison estivale.

Jusqu’à un certain samedi de février.

Un de ces samedi pluvieux qu’on rêve de passer sous un plaide sur le canapé.

Je voulais faire de la photo.

Je me suis donc donné un défi : faire de la macro sur un objet le plus banal possible trouvé dans mon studio.

J’ai pris une paire de lunette et je me suis lancé.

Après quelques essais, j’ai compris que j’allais avoir besoin d’un peu plus de matériel que juste mon appareil. Il me fallait un support, un fond et des sources de lumières.

En fait, il me fallait un mini studio. Et tout de suite.

Pourquoi se fabriquer un mini studio ?

La première raison, on vient d’en parler : pouvoir faire de la macro au chaud et au sec.

Mais ce n’est pas la seule !

En effet, avec un mini studio en intérieur, vous allez pouvoir explorer de nouveaux sujets. Crayons, couverts, aliments, outils de bricolages, vêtements… N’importe quel objet peut devenir un sujet, à condition de lui accorder un minimum d’attention.

Le studio, c’est aussi un lieu super pour s’entraîner. Vos sujets ne bougent pas. Vous avez le contrôle total.

C’est l’occasion de travailler vos compositions, la mise au point manuel, la gestion de la lumière… C’est ce dernier point le plus intéressant : vous avez le choix de votre éclairage.

Alors faites des tests.

Que vous utilisez ou non de quoi modeler la lumière lorsque vous faites de la photo en extérieur, comprendre son fonctionnement est primordiale.

Je parle beaucoup de lumière car c’est un des points les plus importants pour votre studio.

Mais ce n’est pas le seul accessoires dont vous aurez besoin pour le créer.

Le matériel nécessaire

Je vous le promets : vous n’avez pas besoin de dépenser des sommes folles.

Mais je vais encore plus loin : si vous avez déjà de quoi prendre des photos, vous n’aurez pas besoin de dépenser un seul centimes pour commencer.

Le B.A. BA de votre installation.

Je veux bien sûr parler de l’éclairage.

Vous avez besoin de sources de lumières, qu’elles soient dédiées à la photographie ou non.

Choisir ses sources de lumière

La bonne nouvelle, c’est que pour commencer, vous pouvez utiliser ce que vous avez sous la main.

  • Les lampes de poches : C’est un très bon début. Se sont des lampes transportables, avec une surface d’éclairage assez petite, ce qui permet d’avoir un éclairage ajustable facilement. Cependant, elles sont souvent pas très puissantes.

  • Lampes de bureau et autre : Elles sont très bien pour faire un éclairage global car elles couvrent souvent une grande surface.

  • Flashs : Il est souvent plus dur à maîtriser car il faut faire des tests pour se rendre compte de son impact sur le sujet. Cependant, vous pouvez régler sa puissance et ils sont faciles à transporter pour les utiliser aussi en extérieur.

  • Une ou plusieurs sources ? Pour vos premiers essais, une seule source suffit. Jouez avec les angles et les positions : éclairez votre sujet de face, de côté, par le dessus, ou essayez un contre-jour. Une fois que vous vous sentez à l’aise avec une source, passez à deux pour un éclairage plus complexe.

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Ce que j’aime dans ma configuration actuelle, c’est d’avoir à disposition une lampe de bureau (la blanche flexible à droite) qui me permet soit de m’éclairer lors de l’installation, soit de faire un éclairage global que je viens affiner avec d’autres sources (un flash ou une lampe de poche).

Expérimenter avec les angles et la distance

L’un des grands avantages d’avoir un mini studio, c’est que vous avez tout le temps du monde pour expérimenter. Essayez de rapprocher ou d’éloigner vos sources de lumière pour voir l’effet sur l’intensité des ombres. Changez aussi leur angle pour créer des ambiances différentes, du dramatique au plus doux.

Pour s’amuser encore plus

Avoir une, deux ou autant de source de lumière que vous voulez, mais ce qui va réellement changer la donne, ce sont les modeleurs.

Vous devez vous demander ce qu’est un modeleur ?

Un modeleur, c’est un accessoire qui permet de modifier la lumière.

Et du coup Lohan, c’est quoi concrètement ?

En gros, les modeleurs vous offrent un contrôle total sur la lumière : adoucir, concentrer, colorer… Il en existe plusieurs types, et le choix dépend de l’effet que vous voulez donner à vos photos. Voici un petit tour d’horizon des principaux modeleurs :

  • Les diffuseurs : Utilisés pour adoucir la lumière, ils se placent entre la source et le sujet. Cela permet d’obtenir un éclairage plus doux, moins contrasté, ce qui est idéal pour éviter les ombres dures. Cependant, un diffuseur diminue aussi la quantité de lumière apportée par la source.
    Les diffuseurs les plus connus sont les soft-box et les parapluies mais n’importe quel objet laissant passer la lumière peut servir de diffuseur.

  • Les réflecteurs : Vous pouvez les utiliser pour déboucher les ombres ou pour créer un éclairage indirect.
    Si vous souhaitez déboucher les ombres, le réflecteurs se place à l’opposé de la source de lumière par rapport au sujet.
    Pour créer un éclairage indirect, il sert de surface de rebond à la lumière. Il faut alors jouer avec les angles entre la source, le réflecteur et le sujet pour ajuster son éclairage.
    Vous trouverez des réflecteurs 5 en 1 (qui servent aussi de diffuseur) de taille variée. Ils sont 5 en 1 car ils disposent de couche réfléchissante de différentes couleurs (une blanche, une argenté et une dorée souvent), ce qui permet d’ajusté légèrement la température de la lumières.
    Vous pouvez aussi facilement en créer vous-même.

  • Les gélatines : Je les classe en deux catégories : les gélatines colorées et les gélatines naturelles.
    Les gélatines naturelles permettent d’ajuster la température de votre lumière pour coller à l’environnement. Par exemple, une gélatine légèrement orange permettra d’utiliser votre flash au coucher du soleil sans créer « deux lumières différentes ».
    Celles colorées sont là pour laisser libre cours à votre imagination.

  • Les « directeurs » de lumière : Snoots, nids d’abeilles… ces accessoires concentrent la lumière sur une zone précise du sujet. Se sont des objets opaques qui servent d’obstacle à la lumière.

L’importance du fond

Vous avez vos lumières, vous commencez à maîtriser leur positionnement… Mais il manque encore un élément crucial pour compléter votre mini studio : le fond.

Le fond est un élément souvent sous-estimé, mais il joue un rôle essentiel dans la réussite de vos photos. Un bon fond met en valeur votre sujet, crée l’atmosphère de l’image et, surtout, évite les distractions visuelles.

Quels types de fonds utiliser ?

Bonne nouvelle : tout comme pour l’éclairage, vous n’avez pas besoin de vous ruiner pour créer des fonds efficaces. Voici quelques idées simples et accessibles :

  • Carton, papier ou tissu unis : Le fond le plus simple reste une feuille de papier ou du tissu uni. Vous pouvez choisir une couleur qui contraste avec votre sujet, ou opter pour une teinte neutre pour un rendu plus sobre.
  • Textures : Pour avoir un fond un peu moins unis, vous pouvez utiliser quelque chose de plus texturé. Par exemple, un morceau de bois, des pierre ou un jean…

Jouer avec les distances et angles

Une fois votre fond choisi, l’important est de bien gérer la distance entre celui-ci et votre sujet. Plus le fond est éloigné, plus il sera flou et inversement.

Vous pouvez également essayer différents angles pour varier les perspectives et les éventuels reflets.

Comment fixer son sujet et ses accessoires

Pour réussir votre mise en scène, il va falloir faire tenir votre sujet et vos lumières.

Vous avez plusieurs options.

L’option conventionnelle : les trépieds

L’option la plus pratique pour faire tenir votre éclairage et votre boîtier est d’utiliser un trépied.

Pourquoi ?

Car c’est simple à utiliser, ça permet de monter assez haut et c’est stable.

Le seul inconvénient, c’est que ça peut vite devenir cher.

Si vous n’avez qu’un seul trépied, je vous conseil de l’utiliser en priorité pour votre boîtier pour trois raisons :

  • Vous libérer les mains : vous pourrez déplacer un flash, changer de fond ou de sujet, le tout sans toucher à votre cadrage.
  • Gagner en stabilité : c’est l’utilité même du trépied. Vous pourrez ainsi utiliser des vitesses plus lente pour pouvoir descendre vos ISO.
  • Votre appareil est la chose la plus difficile à faire tenir : du fait de sa forme, de l’objectif et du cadrage que vous souhaitez, il est souvent très compliquer de faire tenir votre appareil sur un support bricoler. De plus, c’est certainement ce qui coûte le plus cher dans votre équipement, ce serait bête de le faire tomber.
    Enfin, ce n’est pas car vous utiliser le trépied pour le boîtier que vous ne pourrez pas l’utiliser pour mettre de l’éclairage : il existe des bras magiques conçu pour cette utilisation !

L’option débrouille : tout ce qui vous passe par la main

Si vous n’avez pas de trépied (ou qu’un seul et que vous l’utilisez pour votre appareil photo), il va falloir se débrouiller autrement.

Je vous présente vos trois nouveaux meilleurs amis :

La patte à fixe, le scotch et le gros scotch.

Pour moi, la patte à fixe c’est l’incontournable pour faire votre mise en scène.

Elle permet de faire tenir des feuilles de papier pour le fond ou comme diffuseur mais aussi des objets un peu plus lourds qui seront vos sujets.

Si besoin, la patte à modeler est un excellent support pour faire tenir des objets droits ou pour servir de cale.

Le scotch sert surtout pour fixer vos sources d’éclairage à des endroits un peu inhabituels. Il faut juste penser à faire plusieurs tours pour que ça tienne bien.

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Lors de mon premier test, j’ai fais tenir les éléments de mon studio avec des objets de ma cuisine : salière, moulin à poivre, carafe d’eau…

Choix du lieu

Une fois que vous avez rassemblé tout votre matériel, il ne vous reste plus qu’à trouver l’endroit parfait pour installer votre mini studio. Croyez-moi, choisir le bon spot fait toute la différence, surtout pour l’éclairage et la stabilité de vos photos.

Le choix de votre éclairage

Le premier critère à prendre en compte est votre source de lumière.

Si vous privilégiez la lumière naturelle, installez-vous près d’une fenêtre bien exposée. Cela vous permettra de bénéficier d’une lumière généralement douce et diffuse. Son bémol c’est qu’elle est difficile à modeler et qu’en plus, elle est variable : un nuage peu ruiner votre installation.

Si vous optez pour la lumière artificielle, je vous conseille de vous éloigner d’une fenêtre, voire de fermer les volets. Cela évitera les reflets indésirables et vous garantira un contrôle total.

Le mobilier

Je vous conseil de vous mettre sur une table.

Pourquoi ? Car ça vous évitera de vous cassez le dos à faire vos mise en scène par terre.

Ensuite, c’est selon votre matériel.

Si vous avez des trépieds pour votre éclairage, vous aurez besoin de place.

Si vous êtes dans l’équipe débrouille comme moi, avoir des meubles à proximité peut se révéler utile.

Pour ma part, je choisi toujours une table proche d’une bibliothèque, pour avoir plusieurs choix de hauteur pour poser mon flash.

J’aime aussi avoir ma table contre un mur, c’est plus simple pour fixer des fonds.

Par contre, faites attention à la matière de votre table ! Elle ne se comportera pas de la même manière avec la lumière : une table en bois créera beaucoup moins de reflet qu’une table en métal.

Pour résoudre le problème des reflets, vous pouvez rajouter une couche de tissus, des feuilles ou du carton pour les diminuer (et choisissez quelques chose de pas trop moche si c’est visible sur votre photo).

À vous de jouer !

Que vous ayez tout le matériel pour faire un studio ou que vous le bricoler maison, retenez ceci : le plus important, c’est votre maîtrise de l’éclairage.

Si vous n’avez pas compris comment ça fonctionne, comme jouer avec la lumière et son comportement sur votre sujet, vous aurez beau acheter les meilleurs flashs et les meilleurs modeleurs, vous ne réussirez pas vos photos.

Si vous n’avez pas encore de matériel, je vous conseille de vous entraîner avec une lampe de poche et les modeleurs bricolés pour comprendre vos besoins avant d’éventuellement acheter quelques choses.

Le deuxième point le plus important : ce n’est pas votre matériel qui fait la photo mais vous. C’est votre vision et votre créativité qu’il faut développer en priorité. Tester des sujets farfelus ou des éclairages colorés.

Et le troisième point (qui est peut-être le plus important en fait) : essayez. C’est comme ça que vous apprendrez.

Si quelques choses vous bloque, ou si voulez des conseils spécifiques sur un point, dites-le moi dans les commentaires !

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